L’Observatoire du Sahara et du Sahel au Sommet Désertif’actions : images et moments clés

La 6ᵉ édition du Sommet Désertif’actions 2026 s’est tenue à Djerba, du 25 au 28 mars 2026, autour du thème « Résilience des territoires face aux crises », mettant l’accent sur la lutte contre la désertification, la sécheresse et la dégradation des terres. L’objectif principal de cet événement était de coconstruire des solutions concrètes capables d’orienter les politiques publiques et d’influencer les négociations internationales, notamment dans la perspective de la prochaine CoP17 de la Convention des Nations Unies sur la Lutte Contre la Désertification (CNULCD).

Coorganisé par l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), le Centre d’Actions et de Réalisations Internationales (CARI) et la Convention des Nations Unies sur la Lutte Contre la Désertification (CNULCD), avec le soutien du World Wide Fund for Nature Afrique du Nord (WWF-NA), l’Association de Citoyenneté et de Développement Durable (ACDD) et l’Institut Supérieur des Études Technologiques de Djerba (ISET Djerba), le sommet a réuni plus de 350 chercheurs et experts scientifiques, représentants de la société civile, ONG, institutions publiques et privées ainsi que des autorités locales et des décideurs politiques, venus de plus de 50 pays.

Pendant trois jours, les plénières et ateliers thématiques ont abordé des sujets d’actualité tels que la transformation des systèmes agricoles et d’élevage sédentaires, l’accompagnement des systèmes de production mobiles, notamment le pastoralisme, la gestion territoriale des ressources en eau et le pilotage des politiques territoriales face aux crises climatiques. Des sessions d’échange et des groupes de travail ont permis de partager expériences, bonnes pratiques et outils d’aide à la décision afin de renforcer la résilience des territoires vulnérables.

Les messages clés du sommet ont mis en avant la nécessité de renforcer la coopération internationale en unissant les efforts des pays, des acteurs publics et de la société civile pour faire face aux sécheresses et à la dégradation des sols. Les participants ont également souligné l’importance de l’innovation, de la recherche et de l’éducation pour développer des stratégies adaptées à chaque contexte territorial. Le sommet a ainsi permis de formuler des recommandations concrètes destinées à influencer les décisions internationales et à orienter les politiques publiques.

La cérémonie d'ouverture, modérée par Mme Nadia Khammari, analyste en communication à l'OSS, a réuni de nombreuses personnalités de haut rang venues partager leur vision et apporter leur soutien à cet événement majeur. Elle a été marquée par les interventions de M. Walid Tabboubi, Gouverneur de Médenine et de Mme Awatef El Arbi Messai, Directrice générale par intérim de l’Environnement et de la Qualité de la Vie, qui a transmis le message de S.E.M. Habib Abid, Ministre tunisien de l’Environnement. La parole a également été donnée à M. Chedli Abdelli, Directeur général de l’Agence nationale de la promotion de la recherche scientifique, et à M. Mohamed Mehdi Haloui, Directeur général de l’Office national du tourisme tunisien, avant d’être conclue par l’intervention de M. Patrice Burger, Président du CARI.

La cérémonie s’est également distinguée par les interventions en visioconférence de Mme Yasmine Fouad, Secrétaire exécutive de la CNULCD, de Mme Monique Barbut, Ministre française de l'Environnement, du Dr Osama Fqeeha, Conseiller à la Présidence de la CoP17, de M. Kalifa Traoré, Directeur de l'Institut d'Économie Rurale du Mali, et de M. Claude Gascon, Directeur général par intérim du GEF, qui ont unanimement appelé à renforcer la coopération internationale, à valoriser les solutions locales et à traduire les engagements en actions concrètes sur le terrain.

M. Nabil Ben Khatra, Secrétaire exécutif de l’OSS, a insisté sur le rôle central de la connaissance, de l’expérience de terrain et des outils d’aide à la décision, et a rappelé que les solutions doivent être co-construites avec les acteurs locaux et pensées à l’échelle des territoires.

La session introductive du Sommet a été modérée par Mme Khaoula Jaoui, Directrice du Département Climat à l’OSS, et a posé les bases d’un constat sans équivoque : la sécheresse est désormais un phénomène global, avec des impacts économiques majeurs, notamment sur le secteur agricole.

Les échanges ont rappelé la nécessité d’un changement de paradigme, appelant à passer d’une gestion réactive des crises à une approche proactive fondée sur l’anticipation et la réduction de la vulnérabilité. Des solutions concrètes issues du terrain ont été mises en avant, telles que la mobilité pastorale au Niger ou encore l’irrigation fractionnée en Tunisie, qui ont permis d’importantes économies d’eau.

Modérée par M. Lamine Baba Sy, Directeur du Département Eau à l’OSS, la session consacrée aux techniques d’irrigation innovantes a mis l’accent sur l’optimisation de l’usage de l’eau et les réponses à apporter en situation de pénurie. Elle a permis de partager des expériences concrètes, d’identifier des solutions adaptées aux zones arides et de dégager des enseignements utiles pour une future note de plaidoyer sur la résilience territoriale face à la sécheresse. Les échanges, nourris par des retours d’expérience d’Éthiopie et de Tanzanie et par des discussions sur les solutions fondées sur la nature, ont mis en lumière l’importance de la collecte et le stockage de l’eau, l’agroécologie et l’irrigation goutte-à-goutte.

M. Mustapha Mimouni, Directeur du Département Technologie, Information et Télédétection à l’OSS, a présenté les avancées de l’Organisation en matière de systèmes d’alerte précoce multirisques, couvrant les sécheresses, les inondations et les feux de brousse. Prenant l’exemple de la région transfrontalière W-Arly-Pendjari (WAP) et du projet AdaptWAP, il a souligné un enjeu central : au-delà de la production de données, c’est l’appropriation locale et l’intégration dans des processus décisionnels opérationnels qui conditionnent l’efficacité des dispositifs, au plus près des communautés.

La diffusion des recommandations du Sommet a été au cœur d’une session animée par Mme Nadia Khammari. Réunissant journalistes, créateurs de contenu et experts en communication, cette session a pris fin par un projet de stratégie médiatique structurée autour de trois axes : positionner la désertification comme un enjeu d’actualité en amont de la CoP17, capter l’attention dans un environnement informationnel saturé et consolider des réseaux de journalistes engagés sur ces thématiques sur le long terme.

Le Sommet a permis à l’OSS de présenter son ouvrage en cours d’élaboration « L’Afrique au défi du climat : de l’injustice à la résilience ». C’est ainsi que M. Mourad Briki, Directeur du Département Veille & Prospective, Renforcement des Capacités et Communication, en a exposé les objectifs et les ambitions en tant qu’outil structurant de connaissance et de plaidoyer. Ce projet éditorial s’inscrit dans une volonté de porter une voix africaine forte et unifiée dans les négociations internationales, en mettant en lumière les réalités environnementales, les défis et les solutions portés par le continent.

À travers l’ensemble de ses contributions, sessions organisées, interventions techniques, et animation de débats, l’OSS a réaffirmé son rôle d’institution de référence au service des pays africains. En plaçant la connaissance, l’innovation, la coopération et la communication au cœur de son action, il poursuit une mission claire : accompagner les États et les communautés dans la construction de territoires plus résilients, capables d’anticiper, de s’adapter et de répondre efficacement aux défis climatiques et environnementaux.

Désertif’actions 2026 a pleinement illustré l’engagement de l’OSS en faveur d’une action collective, fondée sur la connaissance, l’innovation et la coopération régionale. En articulant expertise scientifique, outils opérationnels et plaidoyer stratégique, l’Organisation contribue à l’élaboration de réponses concrètes face aux défis de la désertification et de la sécheresse.

À l’approche de la CoP17, l’OSS entend poursuivre cette dynamique en portant une voix africaine forte et structurée, capable d’influencer les agendas internationaux et de promouvoir des solutions adaptées aux réalités du terrain.